Non! L'eau n'est pas une substance banale!

Si vous êtes des habitués du blog "EAU: Séance iLive!" vous connaissez mon obstination à nettoyer la sémantique qui est en lien avec le sujet de l'eau et il y a du travail. Souvenez-vous, j'avais déjà pointé du doigt dans un article la problématique de ne pas nommer l'eau qui nous compose, puis j'avais continué dans un autre article le piège d'utiliser le terme H20 si loin de la réalité, et enfin j'avais de façon provocante mais réaliste, affirmé dans un article que l'eau n'était pas un bien commun de l'humanité.


Quel est - encore - le problème cette fois-ci? L'eau-témoin. J'appelle ainsi l'eau qui sert d'étalonnage (ou de référentiel) aux scientifiques et donc au public pour nous expliquer tous les phénomènes naturels ou pas liés à l'eau en général. Qu'elle soit liquide, solide, gazeuse ou morphogénique.

Pour comprendre le mécanisme d'un phénomène, la Science identifie tous les composants et les isole pour mieux étudier leur comportement en dehors du mécanisme. La Science en déduit une analyse du fonctionnement du phénomène.

Où est donc le problème? J'y viens. Suite à une énième discussion sur l'eau à propos de la couleur blanche de la glace (eau solide). Mon interlocuteur étant avisé sur la question, me lança que la couleur blanche était due aux bulles d'air présentes dans la glace - sous-entendu que l'eau-témoin était transparente et donc incolore. Mais après un petit temps à gamberger, je pensa: "Et les bulles d'air alors, sans l'eau elles n'ont pas de couleur non plus".

Puis j'ai continué à réfléchir sur la question et quelque chose me turlupina. Ce même interlocuteur avisé m'avait appris que l'eau (dans tous les états) était toujours interfaciale. C'est-à-dire en contact avec quelque chose, peu importe la taille mais quelque chose. Une poussière, une nano-particule. Quelque chose. Si bien que l'eau ne peut jamais être complètement pure. Je décela ainsi une contradiction. Comment isoler quelque chose qui est naturellement interfaciale? Bizarre!



Si l'eau est toujours en contact avec quelque chose, nous pouvons parler alors de mélange. Et en conclure que l'eau est donc toujours un mélange. De ce fait comment peut-on attribuer plus la couleur blanche aux bulles d'air qu'à l'eau? Cela ressemble à la sempiternelle énigme de l'oeuf et de la poule. Qui a donné naissance à l'autre? À moins d'isoler l'eau. Mais c'est impossible. Si apparemment.

Ainsi est né l'article que vous êtes en train de lire afin de mettre à plat cette contradiction. La question qui vient alors est: Quelle est cette eau témoin de mon interlocuteur qui je dois vous l'avouer est scientifique? La réponse est simple, il s'agit de l'eau de laboratoire.

Permettez-moi de vous résumer le cocasse de la situation qui consiste à nous expliquer tous les phénomènes de l'eau dans tous ses états dans la nature en la comparant à de l'eau de laboratoire obtenue artificiellement dans des conditions exceptionnelles qui n'existent pas dans la nature c'est-à-dire celle d'un laboratoire. On doit rire ou pleurer? Et dire que les scientifiques sont connus pour ne pas être drôle.



 Quelles sont les caractéristiques de cette eau témoin ou de laboratoire? Nous retrouvons cette eau de laboratoire dans la définition officielle de l'eau disponible pour le grand public: "Substance liquide et naturelle inodore, incolore, et sans saveur à l'état pur". Marc Henry nous l'explique très bien dans cette vidéo.

Croyez-moi qu'en terme d'image c'est un désastre. Si l'eau c'est la vie, alors la vie c'est l'ennui. Qui aurait envie de s'intéresser à l'eau? Peu d'entre nous voire personne. Est-ce que cette définition vous donne envie de boire de l'eau? Moi pas. Est-ce que cette définition vous donne envie de vous intéresser à l'eau? Moi pas. Avant d'aller plus loin dans l'analyse de cette définition, je vous propose de commenter la définition non pas scientifiquement - bien sûr - mais en observateur éclairé de l'eau réelle.

- Substance liquide: ai-je besoin de préciser que l'eau n'est pas seulement liquide? Dès le début, la définition est fausse mais logique puisque nous parlons d'une eau de laboratoire sous entendu liquide dans un bécher.
- naturelle: Là il faut choisir, c'est eau n'est pas naturelle si dans la même définition il est mis "état pur". C'est eau était naturelle, elle est désormais artificielle. Elle ne redeviendra naturelle qu'en la rejetant à l'extérieur pour rejoindre le cycle de l'eau. Avec l'eau pas de déchet!
- inodore et sans saveur: Je crois que l'eau de mer est plutôt connue pour son goût de sel très prononcé, oui mais...Me direz-vous, le goût du sel provient du chlorure de sodium. Ok! Alors appliquons la même chose au NaCl. Après tout c'est un mélange aussi. Qui du Na+ ou du Cl- donne le goût de sel à l'autre? Aucun, mais le mélange. Notre problématique avec les mélanges ne concerne donc pas seulement l'eau.
- incolore: Tout dépend de la profondeur et du milieu dans laquelle l'eau liquide évolue. Nous sommes toujours dans la même problématique du mélange. Qui donne la couleur à l'autre?
- état pur: Comme l'eau est interfaciale, la pureté est un fantasme de l'esprit.
- le son et le mouvement: C'est les éléments qui nous confirment qu'il s'agit d'une eau de laboratoire dans un bécher, la définition n'en fait pas référence, pourtant nous savons sur EAU: Séance iLive! l'importance du son de l'eau, et que dire du mouvement?

       

Tout comme moi, l'eau que vous rencontrez le plus est celle de la réalité. , je vous invite donc à oublier cette définition. L'eau vous paraitra bien plus vivante et donc bien plus proche de vous puisque nous - êtres vivants - sommes composés en majorité de cette substance. Oubliez aussi le concept d'eau-témoin. Laissez tout cela- comme la formule H2O - aux seuls usages de nos amis chimistes puisque il est question - encore une fois - d'une eau de laboratoire qui n'a rien à voir avec l'eau réelle. Si on tente d'analyser un début d'explication sur le pourquoi de cette définition aseptisée de l'eau, on se doute d'une forte influence pasteurienne. Fabriquer un référentiel "propre" c'est à dire sans impureté, sous entendu, tout corps qui empêche à l'eau la pureté dont notre mental se fait de la Vie idéale. Une neutralité absolue. Le 0, la base, la perfection. Une eau clinique non vivante mais hygiénique. Une eau parfaite c'est maitriser la Vie selon le mental.

On comprend mieux pourquoi la Science considère l'eau de façon banale car elle se base sur une eau artificielle de laboratoire qui n'a rien à voir avec l'eau naturelle qui est bien trop complexe. L'eau n'est pas une substance banale car le mélange qu'elle permet la rend incomparable d'une eau à une autre. Une eau de mer n'est pas une eau d'un lac. Une eau de pluie n'est pas une eau morphogénique humaine. Une eau laboratoire n'est pas une eau de robinet. Par cette compréhension de la fausseté de la définition de l'eau, on peut mieux saisir pourquoi tout être humain (eau morphogénique) est incomparable. Car unique.

Cet article est écrit dans le cadre du dossier N°4 "L'omniprésence de l'eau
qui est l'un des 12 dossiers de l'eBook "L'eau qui nous relie"

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